"Fashion Mix - Mode d'ici, créateurs d'ailleurs"

Du 9 décembre 2014 au 31 mai 2015 - Le Palais Galliera de la ville de Paris s'associe au Palais de la Porte Dorée, Musée de l’histoire de l’immigration pour présenter "Fashion Mix - Mode d'ici, créateurs d'ailleurs". De Charles Frederick Worth à Azzedine Alaïa, de Mariano Fortuny à Issey Miyake et Yohji Yamamoto, ou encore Cristóbal Balenciaga ou Raf Simons... de nombreux stylistes et directeurs artistiques étrangers ont révolutionné la mode française et enrichie son histoire.

FASHION MIX est une exposition hommage au savoir-faire français que créateurs russes, arméniens, italiens, espagnols, japonais, belges... font rayonner à travers le monde. Entre parcours personnels et histoire de la mode, FASHION MIX, conçue par Olivier Saillard, directeur du Palais Galliera, souligne l’apport fondamental des créateurs étrangers à la haute couture et au prêt-à-porter français, et raconte une autre histoire de l’immigration, celles d’hommes et de femmes, artisans, créateurs contribuant à faire la renommée de Paris, capitale internationale de la mode. L’exposition FASHION MIX. Les notions de « savoir-faire français » et de « made in France » sont reconnues et célébrées internationalement dans le domaine de la mode depuis le milieu du XIXe siècle. Or cette mode française est souvent conçue par des créateurs étrangers. Poussés par des raisons politiques ou par des choix artistiques, attirés par la capitale de la culture et de l’élégance mais aussi par le pays des libertés, ces créateurs étrangers contribuent à faire la renommée de la haute couture et du prêt-à-porter français et, de Paris, la capitale internationale de la mode. Mais la mode est également source de savoir-faire spécifiques. L’exposition évoque certains métiers de l’époque particulièrement marqués par l’immigration comme les ateliers de broderie russes dans les années 1920 ou, plus récemment, les mailleuses et chausseurs arméniens. L’exposition présente une centaine de pièces emblématiques conservées essentiellement au Palais Galliera : robes, manteaux, chapeaux, accessoires... Les parcours migratoires individuels et les savoir-faire, seront retracés à l’aide de documents d’archives privées et publiques : actes de création de maison de couture, dossiers de naturalisation, dossiers de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), extraits et entretiens audiovisuels.

Parcours de l’exposition - Lancée dès 1858 par quelques figures marquantes à l’image du fondateur de la haute couture, l’Anglais Charles Frederick Worth, la mode est aujourd’hui le fruit d’une explosion de créateurs venus du monde entier. Paris en demeure plus que jamais une des capitales et reste un passage obligé. Les pièces emblématiques de ces couturiers constituent les supports à la narration de parcours migratoires. Deux temps scandent le parcours de l’exposition et reflètent cette histoire de la mode faite d’abord par quelques couturiers étrangers qui créent leur maison à Paris jusqu’à l’apparition, aujourd’hui, de créateurs de toutes origines venus défiler dans la capitale française.

DU MILIEU DU XIXe SIÈCLE AUX ANNÉES 1960

L’arrivée en France de couturiers étrangers dès le XIXe siècle et l’ouverture de leurs maisons de couture sont le prétexte d’un cheminement chronologique organisé autour de personnalités « phares » de la création française d’origine étrangère : Charles Frederick Worth et l’école anglaise, Mariano Fortuny et les recherches sur le tissu, Elsa Schiaparelli et les Italiens, Cristóbal Balenciaga et l’école espagnole. A ces figures tutélaires répondent les créations de créateurs contemporains John Galliano, Phoebe Philo, Alexander McQueen, Sybilla, Popy Moreni ou Riccardo Tisci. Ce parcours revient aussi sur des destins singuliers inscrits dans des contextes politiques et culturels particuliers : des Russes blancs exilés après la révolution (Maison Kitmir et Irfé), des Espagnols fuyant la guerre civile, des Arméniens réfugiés en France (Ara Frenkian).

DE LA FIN DES ANNÉES 1970 À AUJOURD’HUI

Une profusion de vêtements, d’interviews filmées et d’articles de presse révèlent la créativité des décennies successives. A la fin des années 1970 et au début des années 1980, une coupure s’opère avec l’arrivée de l’école japonaise. Un nouveau cycle s’amorce avec Kenzo et Issey Miyake jusqu’à Rei Kawakubo pour Comme des Garçons, Yohji Yamamoto, Tokio Kumagaï, Junya Watanabe. A partir des années 1980 et dans la continuité de cette « révolution » japonaise, les Belges Martin Margiela, Ann Demeulemeester, Raf Simons, Dries Van Noten, A.F. Vandevorst, Olivier Theyskens, Jurgi Persoons font à leur tour de Paris leur capitale de la mode. Cette deuxième partie reflète davantage l’accélération des échanges caractéristiques de nos sociétés contemporaines avec le développement des défilés et des capitales de la mode jusqu’à l’apparition sur la place de Paris de créateurs de toutes origines, plutôt qu’une école géographique spécifique. Certains d’entre eux deviendront d’ailleurs, les clés de voûte de prestigieuses maisons de haute couture françaises à l’instar de Karl Lagerfeld pour Chanel, Marc Jacobs pour Louis Vuitton ou Azzedine Alaïa pour sa propre griffe. Dans le foisonnement créatif de l’époque actuelle, une école plus conceptuelle se profile regroupant des talents de toutes origines : l’Autrichien Helmut Lang, l’Allemand Kostas Murkudis, les Néerlandais Viktor & Rolf et Iris van Herpen, le Belge Bernard Willhelm, l’Israélo-américain Alber Elbaz, l’Américain Patrick Kelly, le Libanais Rabih Kayrouz, l’Indien Manish Arora, le Colombien Haider Ackermann…

 (Issey Miyake, robe longue multicolore (détail), 1986. Photo : © Eric Emo / Galliera / Roger-Viollet) 

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