#Berlinale2020 Le cinéaste Mohammad Rasoulof sacré à Berlin
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Berlin - Au terme d'une 70e édition aux accents politiques, la Berlinale a attribué l'Ours d'or à "There is No Evil", film sur la peine de mort du dissident iranien Mohammad Rasoulof, interdit de quitter son pays, et a aussi récompensé un drame sur l'avortement. Le jury présidé par l'acteur britannique Jeremy Irons a remis samedi soir le prix le plus important de cette édition à un absent, déjà primé en 2017 à Cannes pour "Un homme intègre", qui lui avait valu une condamnation deux ans plus tard à deux ans d'interdiction de quitter le territoire et une peine de prison. Joint par téléphone après la cérémonie, le réalisateur semblait heureux mais fatigué. "Le film est sur des personnes prenant la responsabilité de leurs actes. Le plus difficile quand vous prenez une décision est de la justifier", a-t-il affirmé.

 

Son film, le dernier des 18 en compétition, traite en quatre séquences de la peine de mort, un thème tabou en Iran, vue par les bourreaux et par les familles des victimes.

Rasoulof s'étant aussi vu interdire de tourner, il a fallu user de subterfuges pour réaliser le film. "Mohammad en parlait il y a quatre mois, à ce moment, on ne savait pas s'il irait en prison, on a donc décidé de faire au plus vite", a expliqué son producteur Farzad Pak, aux côtés de Baran Rasoulof, actrice et fille du réalisateur.

Il a également tenu à saluer devant la presse le courage de toute l'équipe "qui a mis sa vie en danger pour être dans le film". (Avec Afp)