De la politique et des jeux: diplomatie pour le rapprochement olympique intercoréen
Written by: Actualité à la Une

#Pyeongchang2018 - Nord et Sud ont bien encouragé samedi une seule et même équipe de Corée aux JO, mais il suffit de rappeler l'essai nucléaire nord-coréen de septembre pour mesurer ce que cette «détente» a de précaire, observent des experts. Effectué il y a cinq mois en violation de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, ce test, le plus puissant effectué à ce jour par le Nord, avait fait grimper les tensions sur la péninsule à des sommets.

La vitesse du rapprochement intercoréen opéré depuis le début de l'année à la faveur des «Jeux de la Paix» de Pyeongchang a certes été extraordinaire. Mais la question est de savoir ce qu'il en restera passée la trêve olympique, estiment des experts. Le Nord a contre toute attente accepté d'envoyer des sportifs, des artistes et même des pom-pom girls au Sud, alors que les deux pays sont toujours techniquement en guerre. Et sa délégation officielle est emmenée par Kim Yong-Nam, officiellement le chef de l'Etat et à ce titre le plus haut responsable nord-coréen ayant jamais foulé le sol sud-coréen. La vedette de la délégation est toutefois Kim Yo-Jong, la soeur du numéro un Kim Jong-Un, qui a formellement invité le président sud-coréen Moon Jae-in à se rendre au Nord. Une offre qui place l'ex-avocat face à un dilemme: accepter l'invitation et s'aliéner Washington ou la refuser et enterrer un rêve de paix qui est le combat d'une vie. «L'initiative olympique vise probablement à accroître le fossé évident entre les Etats-Unis et la Corée du Sud», écrivait sur Twitter Robert Kelly, de l'Université nationale de Busan. (Avec Afp)